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Lumière sur l'invisible, Juin 2026
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Lumière sur l'invisible, Juin 2026

Mouvement des Femmes et Filles pour la Paix et la Sécurité au Burundi

14 cas. Un mois. 8 femmes tuées.

Juin 2026 au Burundi. Des femmes ligotées, égorgées, étranglées. Des enfants retrouvés sans vie. Des auteurs en fuite. Le MFFPS documente ce que le gouvernement refuse de compter.

14Cas documentés
8Femmes et filles tuées
2Viols documentés
2Enfants tués
2Femmes battues ou blessées
0 Condamnations rendues

Elles ont des noms

E.N.24 ans, Gitega I.B.tuée sous accusations de sorcellerie, Buhumuza une jeune femmenon identifiée, Bujumbura B.I.24 ans, Gitega A.N.enceinte, Cibitoke F.N.24 ans, enceinte, étudiante, Gitega E.égorgée par son mari, Bujumbura une femme âgéetuée aux champs, Bubanza I.R.17 ans, élève, violée pendant son sommeil une femmeviolée à son domicile, Bubanza D.enceinte de 3 mois, a perdu son fœtus A.K.blessée au couteau par son mari un nouveau-néBurunga un adolescent15 à 17 ans, battu et égorgé, Butanyerera

Juin 2026. Quatorze cas documentés en trente jours. Huit femmes tuées. Deux enfants retrouvés sans vie. Deux femmes violées. Et la même réponse institutionnelle que le mois précédent : le silence, les enquêtes en cours, les auteurs en fuite.

Le 10 juin, E.N., 24 ans, a été retrouvée ligotée sur les rives de la rivière Nyakijanda. Son téléphone était près du corps. Elle avait quitté son domicile la veille pour rencontrer une personne non identifiée. Elle a été inhumée le jour même. Aucun suspect n'a été arrêté.

Ce même 10 juin, I.B. mourait sur la colline Ngara, battue à mort par quatre hommes qui l'accusaient de sorcellerie. Dans ce cas, le tribunal a condamné les auteurs à dix ans de prison. C'est l'exception rare qui confirme la règle.

Une femme ligotée au bord d'une rivière. Une autre battue à mort pour sorcellerie. Une étudiante enceinte étranglée dans un hôtel. Une femme égorgée, son corps caché deux jours dans la maison familiale. Juin 2026, au Burundi.

Des corps retrouvés. Des auteurs introuvables.

Le 12 juin, le corps sans vie d'une jeune femme non identifiée a été découvert dans une zone boisée du quartier Bukirasazi à Bujumbura. Selon des habitants, elle aurait été agressée sexuellement avant d'être étranglée. Son corps aurait été abandonné là après qu'elle a été tuée ailleurs. Les autorités n'ont pas rendu publique la découverte, empêchant d'éventuels proches de l'identifier.

Le 17 juin, le corps de B.I., 24 ans, a été retrouvé dans sa chambre sur la colline Muremera. La mise en scène d'un suicide. Mais des témoins décrivent une position inhabituelle, des blessures au cou et au dos. Aucun membre de la famille n'a été entendu par les enquêteurs.

Le 21 juin, A.N. répondait à l'appel d'un homme avec qui elle entretenait une relation. Elle était enceinte de lui. Son corps a été retrouvé dans une brousse, nu, présentant des traces de violence à la tête. Sa famille affirme qu'elle a également été agressée sexuellement avant sa mort. L'enquête avance lentement. La famille réclame justice.

24 L'âge de trois des femmes tuées en juin 2026 : E.N., B.I. et F.N. Trois jeunes femmes. Trois vies. Trois morts violentes en un seul mois.

F.N. avait 24 ans elle aussi. Étudiante. Enceinte. Le 24 juin, elle s'est présentée seule dans un hôtel de Gitega. Un employé l'a retrouvée sans vie dans sa chambre. Elle aurait été tuée par étranglement. Deux employés de l'hôtel ont été interpellés.

Tuer sa femme. Cacher le corps. Se rendre.

Le 27 juin, E. a été égorgée à son domicile par son mari en zone Kinama, Bujumbura. Après le crime, il a caché le corps dans la maison pendant environ deux jours. Il s'est ensuite présenté lui-même à la police. Le couple s'était récemment reformé après une séparation liée à des violences conjugales persistantes.

Le 28 juin, une femme âgée a été retrouvée morte sur la colline Mwanda dans la commune Bubanza, après avoir passé la journée aux champs avec son petit-fils de 19 ans. Elle aurait reçu des coups à la tête et des blessures de machette. Son petit-fils est soupçonné.

Le cas de D. , Karusi, 5 juin 2026

D., enceinte de trois mois, a été enfermée dans un kiosque par son compagnon et battue violemment. Un voisin qui tentait d'intervenir l'a frappée, la faisant perdre connaissance. Elle a perdu son fœtus. Son compagnon et le voisin ont été arrêtés.

Violée pendant son sommeil. L'agresseur en fuite.

Le 16 juin, I.R., 17 ans, élève au lycée, rentrait chez elle après les cours quand elle a croisé un conducteur de moto-taxi de sa connaissance. Il l'a invitée à partager un repas. Elle a passé la nuit sur place. Au réveil, elle a constaté avoir été violée pendant son sommeil.

L'agresseur avait pris la fuite avant l'arrivée de ses parents. Il est toujours introuvable. Aucune arrestation n'a pu être effectuée.

Deux enfants qui ne rentreront pas.

Le 7 juin, le corps sans vie d'un nouveau-né a été retrouvé dans l'enclos d'un ménage sur la colline Migerere, province de Burunga. Une jeune femme de 20 ans a été maintenue en détention. Une seconde expertise médicale a été ordonnée.

Le 23 juin, des enfants jouant dans une forêt ont découvert le corps d'un adolescent non identifié, âgé d'environ 15 à 17 ans. Il avait été battu puis égorgé, et son corps abandonné là après avoir été tué ailleurs. Son identité n'est toujours pas établie.

Le silence du gouvernement est une réponse.

Le gouvernement burundais ne publie pas de statistiques sur les violences faites aux femmes et aux enfants. Il ne commente pas les cas documentés par les organisations de la société civile.

Ce silence n'est pas une absence de réponse. C'est une réponse. C'est le signal envoyé à chaque mari qui bat sa femme, à chaque auteur de viol : vous ne risquez pas grand-chose. L'État ne vous cherchera pas.

Ce que nous demandons.

Le MFFPS parle au nom de celles qui ne peuvent pas parler. Il documente ce que les institutions refusent de compter. Il nomme ce que le silence voudrait effacer.

Aux autorités burundaises

Ouvrir une enquête pour chaque mort de femme, sans exception. Rendre publique la découverte de corps non identifiés pour permettre aux familles de les reconnaître. Poursuivre les auteurs de violences sexuelles. Protéger les victimes et leurs familles.

14 cas. Un mois.
8 femmes tuées.

Ce n'est pas une exception. C'est le Burundi en 2026.
Le MFFPS continuera à nommer. À documenter. À ne pas se taire.

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