MFFPS BURUNDI — Mouvement des Femmes et Filles pour la Paix et la Sécurité Lumière sur l'invisible, Août 2026

15 cas. Un mois. Une fillette de 6 ans violée.

Août 2026 au Burundi. Une enfant de 6 ans emmenée dans un champ de manioc. Deux femmes tuées à la machette par leur propre mari. Un présumé violeur libéré contre 50 000 FBu, sans quittance. Le MFFPS documente ce que le gouvernement refuse de compter.

15Cas documentés
4Mineures violées
2Femmes et filles violées
2Féminicides
1Infanticide
6Femmes battues ou blessées

Elles ont des noms

M.C.M. 16 ans, élève, Isare I.A. 6 ans, Rumonge A.M. 10 ans, Kiremba une fillette de 7 ans, non identifiée, Kirundo F.H. 18 ans, Rumonge H.E. 32 ans, mère de 5 enfants, Rumonge Félicité Manikurakure, 71 ans, Gitega Butoyi, tuée à la machette, Bukinanyana un nouveau-né, environ un jour, Gitega Evelyne Nahimana, 37 ans, mère de 3 enfants, Rumonge Dorcas Nanziza, 30 ans, Kirundo Francine Ndoricimpa, Ntahangwa Sandrine Iteriteka, mère de 2 enfants, Rumonge Salima, Mpanda Marianne Akeza, Karusi

Août 2026. Quinze cas documentés en un mois — le chiffre le plus élevé depuis le début de l'année. Quatre mineures violées, la plus jeune âgée de six ans. Deux femmes tuées à la machette. Un nouveau-né abandonné dans un ravin. Et, une fois encore, des auteurs présumés qui échappent à la justice : l'un a fui avec l'aide d'un cadre du parti au pouvoir, un autre a été libéré au bout d'une nuit contre le paiement d'une amende sans quittance.

Une enfant de six ans croisée sur le chemin du marché et emmenée dans un champ de manioc. Une adolescente égarée lors d'une fête de mariage. Une mère de famille interceptée alors qu'elle se rendait, elle aussi, à une fête. Août 2026, au Burundi.

Six ans. La plus jeune victime du mois.

Le 8 août, colline Gisagara, zone Mubimbi, commune Isare

M.C.M., 16 ans, élève, a été violée par Jérémie Nkeshimana après avoir été entraînée chez lui à la sortie d'une fête. Sommée de partir, elle a refusé de rentrer en pleine nuit. Alertés le lendemain par son absence, ses parents l'ont conduite au CDS de Mubimbi. L'auteur présumé a été arrêté et incarcéré au commissariat de police d'Isare.

Le 11 août, colline de Rutumo, zone Minago, commune Rumonge

I.A., une fillette de 6 ans, revenait du marché lorsqu'elle a croisé Wilson Mandela, 16 ans, qui l'a emmenée dans un champ de manioc pour la violer. Rentrée chez elle en pleurant, elle a été conduite au CDS Rutumo puis à l'hôpital de Rumonge. Le suspect a été arrêté le 19 août et est incarcéré au commissariat de police de Rumonge.

4 mineures violées en un seul mois d'août, âgées de 6 à 16 ans. Un cinquième dossier impliquant deux enfants de 7 et 13 ans a également été signalé.

Le 15 août, près de la route Vumbi–Marangara, commune Kiremba

A.M., 10 ans, s'était égarée alors qu'elle accompagnait ses parents à une cérémonie nuptiale. Elle a été violée par un individu non identifié, qui l'a abandonnée en pleine nuit sur place. Le présumé auteur reste activement recherché, avec l'appui d'associations de défense des droits des femmes.

Le 27 août, colline Kireka, commune Kirundo

Un garçon de 13 ans a été placé en détention, accusé d'avoir violé une fillette de 7 ans alors qu'ils coupaient de l'herbe ensemble pour le bétail. Un examen médical a été ordonné pour vérifier qu'elle n'a subi aucun préjudice.

Interceptées en allant à une fête.

Le 8 août vers 21h, commune Rumonge

F.H., 18 ans, rentrait avec son petit frère d'une fête de mariage lorsqu'elle a été attrapée et violée par Vincent Ntaconayigize, 23 ans, un jeune Imbonerakure. Alertée, la population environnante a appréhendé elle-même le suspect et réclame qu'il soit sanctionné conformément à la loi.

Le 15 août vers 13h, colline Gatobo, zone Rusabagi, commune Rumonge

H.E., 32 ans et mère de 5 enfants, a été interceptée alors qu'elle se rendait à une fête. Elle a été brutalisée puis violée par Félix Nemeyimana, Imbonerakure motard, malgré l'enfant qu'elle portait sur le dos, et laissée blessée au visage. Hospitalisée 3 jours, elle a porté plainte. L'auteur présumé a fui avec l'aide de son cousin, cadre zonal du parti au pouvoir. Les autorités locales n'ont donné aucune suite à l'affaire.

Une femme de 71 ans, une épouse à la machette.

Le 24 août, colline Karenda, zone Mubuga, Gitega

Félicité Manikurakure, 71 ans, a été retrouvée morte dans le salon de sa maison, où elle vivait seule, porte verrouillée de l'intérieur. Des voisins évoquent des conflits fonciers non résolus et demandent que les circonstances exactes du décès soient établies. Aucune arrestation n'a été signalée.

Le 28 août, colline Sehe, zone Masango, commune Bukinanyana

Butoyi a été tuée à la machette par son mari, identifié comme Toto, qui lui aurait infligé de graves blessures à la tête et aux bras. Il s'est ensuite présenté de lui-même à l'administration locale avant d'être remis à la police. Le mobile du meurtre reste inconnu ; une enquête est en cours.

Un nouveau-né dans un ravin.

Le 24 août, entre les quartiers de Zege et de Yoba, ville de Gitega

Le corps d'un nouveau-né d'environ un jour a été découvert dans un ravin par des enfants qui y pêchaient. Il présentait une blessure à la tête, laissant soupçonner qu'il aurait été tué par sa mère. Les autorités ont procédé à son inhumation ; aucune arrestation n'a été rapportée.

Battues pour un fils qu'elles n'ont pas eu, pour un repas manqué.

Le 2 août, colline Cabara, zone Mugara, commune Rumonge

Evelyne Nahimana, 37 ans et mère de trois enfants, affirme être régulièrement maltraitée par son mari, Daniel Ndayiragije, au motif qu'elle n'a pas eu de garçon. Des voisins, alertés par ses cris, sont intervenus pour mettre fin à l'agression.

Le 5 août, Gasura, commune Kirundo

Dorcas Nanziza, 30 ans, a été violemment agressée par son mari, Venant Ndayishimiye, agent de la Croix-Rouge, qui lui reprochait d'avoir demandé des comptes sur la vente d'une récolte et d'un vélo. Elle a subi de graves blessures au bras. Son mari a été placé en détention ; ses proches réclament qu'il soit sanctionné.

Le 8 août, zone de Rukaramu, commune Ntahangwa

Francine Ndoricimpa a surpris son mari, Vincent Nindorera, dans un bar en compagnie d'une autre femme. La dispute a dégénéré : il l'a frappée au bras avec une machette. Les autorités ont demandé la suspension des arrangements financiers liés au différend qui a déclenché la violence.

Le 16 août, Kavimvira, colline Muhanda, commune Rumonge

Sandrine Iteriteka, mère de deux enfants, a reçu des coups de son mari, Joyeux Rwama, avant d'être chassée du domicile. Elle a regagné le foyer familial quatre jours plus tard, après l'intervention de l'administration locale.

Le 16 août, zone de Buringa, commune Mpanda

Salima a surpris son mari, Désir Nduwayo, dans une chambre d'hôtel avec une autre femme. Alors qu'elle protestait, il l'a frappée au dos avec une machette. Grièvement blessée, elle a été admise à l'hôpital des Sœurs de Gihanga, qui a indiqué ne pas disposer des moyens nécessaires pour son transfert vers Bujumbura.

Le 31 août, colline Rwingoma, zone Buhiga, commune Karusi

Marianne Akeza a été violemment battue par son mari, Siméon, secrétaire au lycée de Buhiga, qui lui reprochait d'avoir envoyé leurs enfants au lit sans manger. Des voisins venus s'interposer ont été menacés à la machette. Après une seule nuit de détention, Siméon a été libéré contre une amende de 50 000 FBu, versée sans quittance au chef zonal des Imbonerakure.

Une nuit de détention, une amende sans quittance.

Plusieurs affaires de ce mois montrent des auteurs présumés protégés par leur statut ou leurs relations : un cousin cadre zonal du parti au pouvoir qui organise une fuite, un chef zonal des Imbonerakure qui encaisse une amende informelle en échange d'une libération après une seule nuit. Dans ces cas, l'appareil local de sécurité n'a pas protégé les victimes ; il a protégé les auteurs.

Quand une amende sans quittance remplace un procès, la justice n'est pas rendue, elle est monnayée. Chaque affaire classée de cette façon envoie le même message aux futures victimes : leur plainte ne vaudra jamais plus que ce que l'auteur peut payer.

Ce qu'exige la justice.

Le MFFPS parle au nom de celles qui ne peuvent pas parler. Il documente ce que les institutions refusent de compter. Il nomme ce que le silence voudrait effacer.

Aux autorités burundaises

Mettre fin aux règlements informels et aux amendes sans quittance qui se substituent aux poursuites judiciaires. Sanctionner tout agent ou cadre de parti impliqué dans la fuite ou la protection d'un auteur présumé. Garantir que chaque plainte pour violence sexuelle ou conjugale donne lieu à une enquête réelle, quel que soit le statut du suspect. Assurer une prise en charge médicale complète des victimes, y compris leur transfert lorsque les structures locales manquent de moyens.