MFFPS BURUNDI — Mouvement des Femmes et Filles pour la Paix et la Sécurité Lumière sur l'invisible, Juillet 2026

12 cas. Un mois. 4 fillettes violées.

Juillet 2026 au Burundi. Des enfants de 5, 14 et 15 ans violées. Des épouses tuées par leur propre mari. Un nouveau-né jeté dans une fosse de latrines. Le MFFPS documente ce que le gouvernement refuse de compter.

12Cas documentés
4Mineures violées
3Féminicides
2Enfants tués
3Femmes battues ou blessées
0Condamnations rendues

Elles ont des noms

C.K. 5 ans, Rumonge C.M. 14 ans, Rumonge K.J. 15 ans, Rumonge une adolescente non identifiée, 15 ans, Rumonge Belyse Akimana, mariée trois jours plus tôt, Muhanga Violette Habonimana, Musongati Fidès Ndayishimiye, 22 ans, tuée à l'arme blanche, Gishubi Valérie Hatungimana, 33 ans, battue puis chassée, Kiganda Lydia Nizigiyimana, battue puis chassée, Rutana une femme non identifiée, agressée au couteau, Bubanza un nouveau-né, retrouvé dans une fosse de latrines, Kayanza un garçon de 6 ans, sourd-muet, porté disparu sept jours, Gishubi

Juillet 2026. Douze cas documentés en un mois. Quatre fillettes et adolescentes violées, la plus jeune âgée de cinq ans. Trois femmes tuées. Deux enfants retrouvés sans vie. Et, presque partout, la même réponse institutionnelle : des enquêtes qui traînent, des suspects en fuite, des autorités locales qui ne rapportent rien.

Une fillette de cinq ans agressée et retrouvée dans un caniveau. Une adolescente violée alors qu'elle allait chercher du bois de chauffage. Une jeune mariée repêchée sur les berges d'une rivière trois jours après ses noces. Juillet 2026, au Burundi.

Cinq ans. Le plus jeune visage de ce mois.

Le 3 juillet, colline Mutambara, zone Gatete, commune Rumonge

C.K., une fillette de 5 ans, a disparu. Alertés par ses cris, ses proches l'ont retrouvée dans un caniveau, tandis que l'agresseur avait déjà pris la fuite. Elle a été transportée en urgence à l'hôpital de Rumonge. À ce jour, le suspect n'a pas été retrouvé.

Le 10 juillet, colline Nkayamba, ville de Rumonge

C.M., 14 ans, a été violée puis prise en charge par le centre de l'ABUBEF de Rumonge. Le présumé auteur, Émile Ndayisenga, a été arrêté et placé en détention — l'une des rares affaires du mois à avoir mené à une arrestation rapide.

Le 11 juillet, colline Gitaba, zone Rusabagi, commune Rumonge

K.J., 15 ans, se rendait chercher du bois de chauffage lorsqu'elle a été violée. Ses parents l'ont conduite au centre de santé de Muyange. Le suspect, Claver Habonayo, 40 ans, a été arrêté ; une enquête est en cours.

4 mineures violées en un seul mois de juillet, dans une seule et même commune : Rumonge. La plus jeune avait cinq ans, la plus âgée quinze.

Le 21 juillet, colline Gitaba, commune Rumonge

Une adolescente de 15 ans a dénoncé des violences sexuelles subies de la part d'un homme de 40 ans. Le suspect a été arrêté puis transféré au commissariat provincial. Ses proches réclament que le dossier soit traité avec diligence et que les responsabilités soient établies.

Une mariée de trois jours. Une épouse en fuite. Une femme égorgée.

Le 14 juillet, rivière Ruvubu, commune Muhanga, province Butanyerera

Belyse Akimana s'était mariée le 11 juillet. Trois jours plus tard, elle disparaissait en se rendant au marché avec son mari. Son corps a été retrouvé sur les berges de la rivière après plusieurs heures de recherches. Les habitants excluent l'hypothèse d'une noyade et réclament une enquête.

Dans la nuit du 25 juillet, colline Mwebeya, zone Butezi, commune Musongati

Violette Habonimana avait quitté le domicile conjugal plusieurs mois plus tôt après des violences présumées de son mari, et s'était réfugiée chez son frère. Elle a été tuée cette nuit-là. Son époux, principal suspect, a été interpellé. Des sources locales affirment qu'il avait déjà été arrêté par le passé pour des faits similaires avant d'être libéré — une information non confirmée officiellement.

Le 28 juillet, colline Ngaruzwa, commune Gishubi, province Gitega

Fidès Ndayishimiye, 22 ans, a été tuée à l'arme blanche par son époux, qui la soupçonnait de relations extraconjugales. Après les faits, l'auteur présumé s'est rendu de lui-même à la police. La victime a été inhumée le 29 juillet ; les habitants de la colline demandent qu'il soit jugé en procès de flagrance.

Battues. Chassées. Réduites au silence.

Le 11 juillet, colline Nkonyovu, zone Rutegama, commune Kiganda

Valérie Hatungimana, 33 ans, a été violemment battue par son mari, absent du domicile depuis plusieurs mois, puis chassée de leur maison. Elle a porté plainte le 13 juillet. L'auteur présumé avait déjà pris la fuite.

Le 16 juillet, quartier Karindo, zone Rutana

Lydia Nizigiyimana a été battue puis chassée de son domicile par son mari, qui l'accusait d'infidélité. Elle a trouvé refuge auprès de sa famille. Les circonstances restent à éclaircir.

Le 4 juillet, quartier Bubanza, province Bujumbura

Une femme a été grièvement blessée au couteau par son mari et admise à l'hôpital dans un état critique. Le suspect, identifié comme médiateur collinaire, a été arrêté. Les habitants réclament sa révocation de ses fonctions en plus de sa comparution en justice.

Un nouveau-né, un enfant sourd-muet.

Le 11 juillet, colline Nyangwe, commune Kayanza, province Butanyerera

Un nouveau-né a été retrouvé dans une fosse de latrines après que des voisins, alertés par ses pleurs, ont prévenu le comité mixte de sécurité. La mère présumée, Aline Bitangimana, 25 ans, a été arrêtée. Une enquête est en cours.

Le 16 juillet, colline Murangara, zone Nyabiraba, commune Gishubi

Le corps d'un garçon de 6 ans, sourd-muet, porté disparu depuis sept jours, a été découvert dans une plantation d'eucalyptus, en état avancé de décomposition. Les autorités ont ordonné son inhumation immédiate. Aucun suspect n'a été interpellé et aucune enquête n'aurait été ouverte.

Personne n'a rapporté. Personne n'a répondu.

Dans plusieurs des cas documentés ce mois-ci, des témoins rapportent que les chefs locaux n'ont donné aucune suite, ni signalement, ni suivi. Le gouvernement burundais ne publie pas de statistiques sur les violences faites aux femmes et aux enfants, et ne commente pas les cas relevés par la société civile.

Ce silence n'est pas une absence de réponse. C'est une réponse. C'est le signal envoyé à chaque mari qui bat sa femme, à chaque agresseur d'enfant : vous ne risquez pas grand-chose. L'État ne vous cherchera pas.

Nos exigences pour ce mois.

Le MFFPS parle au nom de celles qui ne peuvent pas parler. Il documente ce que les institutions refusent de compter. Il nomme ce que le silence voudrait effacer.

Aux autorités burundaises

Ouvrir une enquête pour chaque cas de violence sexuelle et chaque féminicide, sans exception. Traduire en justice les auteurs présumés, y compris lorsqu'ils sont des figures d'autorité locale. Exiger des chefs de colline et zonaux qu'ils rapportent systématiquement les cas de violences constatés. Assurer une prise en charge médicale et judiciaire rapide des victimes.